Le récit de mon accouchement

Publié le par Maternature.over-blog.com

Pour continuer dans l’ordre, je vais raconter mon accouchement.

Tout a commencé en réalité le samedi 4 juillet 2009. J’étais seule à la maison, Fabrice était parti passer quelques jours dans le nord. Malgré les recommandations de sa grand-mère qui ne souhaitait pas qu’il me laisse seul, il est quand même parti.

J’étais seule, j’avais plein de choses à faire, mais j’avais quelques légères douleurs, légère petites contractions, je pensais plus à de la fatigue, qu’a un accouchement proche !

Samedi soir, je me suis couchée, il faisait très chaud, c’était difficile de trouver le sommeil. Mozart qui sort toujours la nuit en été et ne revient qu’au petit matin, était venu se coucher avec moi et il est resté collé à moi toute la nuit, du coup j’avais encore plus chaud !

Je me suis souvent levée pour aller faire pipi, j’avais très soif, et Julie bougeait aussi beaucoup, ce qui n’était pas habituel. Quand j’ai fini par enfin trouver le sommeil, je me suis tout de même poser des questions. Mes défunts parents sont venus me rendre visite dans mon sommeil, ils étaient assis à coté de moi sur le lit, j’avais mal et ma mère me racontait qu’elle ne se souvenait plus de ses accouchement ni des douleurs des contractions. Rêve étrange quand on y pense sur le moment !

Et puis vers 7h30, en me levant je vais aux toilettes, et là ce n’est pas juste un pipi, c’est plutôt les grandes eaux de Versailles !!! ‘Panique’… non non, justement, faut pas paniquer. Je respire un grand coup, réfléchit… des écoulements… je crois que la poche des eaux est percée… ‘Panique’ si, si…

J’appelle aussitôt Fabrice et lui dit qu’il vaut mieux qu’il rentre plus tôt que prévu.

Je fini vite fait la valise, on ne sait jamais. Je me connecte sur msn, pour contacter la seule personne qui puise m’aider et me rassurer surtout « si en allumant ton ordinateur, tu vois mon message, appelle moi, c’est URGENT, si ça ne répond pas, c’est que je suis partie aux urgences »

J’appelle la maternité qui me dit de venir et que je peux venir seule en voiture sans soucis.

Je prends mon sac à main, mon dossier médical et un livre, et là je sens comme une barre qui me traverse le ventre, surement une contraction. Je mets une serviette de toilette sur le siège de la voiture, au cas ou… je donne à manger au chat, et juste avant de quitter la maison, je jette un dernier coup d’œil à mon ordinateur, aucun message, bizarre, elle se connecte toujours vers 8h !

Je pars à la maternité en me posant plein de questions, une contractions sur la route, « mmh, c’est étrange, tu va quand même pas arriver maintenant ma puce ! »

J’arrive à la maternité, une place juste devant la porte, et je rentre avec une contraction, sans réellement me rendre compte que ce sera pour 6 jours d’enfermements !

Une sage-femme m’examine, le col est déjà ouvert à 1, puis elle me place le monitoring, aucunes contractions pendant ce temps là, puis un interne me fait une échographie qui confirme la rupture de la poche des eaux. Ils décident de me garder pour la journée et si le lendemain matin, lundi, il ne s’est rien passé, l’accouchement sera déclenché. Et là, j’ai eu peur, il était hors de question qu’on déclenche mon accouchement.

On m’installe en chambre avec une bouteille d’eau, et là je me mets à pleurer, je devrais être heureuse de savoir que dans moins de 24h j’aurai peut être ma puce dans les bras, mais non, je pleure. De panique sans doute, d’être seule, de ne peut être pas avoir l’accouchement que je souhaitais, et je repense à ce rêve « pourquoi êtes-vous venus cette nuit ? Protégez-moi et aidez moi de la haut». Heureusement la boutique est ouverte, je vais acheter la presse people du week end pour m’occuper !

Je rappelle Fabrice pour lui faire part de la situation, il a du mal à réaliser, il garde en tête que l’accouchement a lieu au moins 12h après les 1ères contractions et donc qu’il a le temps de rentrer, seulement je préfèrerais quand même qu’il soit là avec moi, qu’il m’amène mes affaires, parce que du coup, j’ai laissé la valise !

J’ai installé le téléphone, j’essai donc de rappeler mon amie, je tombe sur son mari qui me dit qu’elle est partie dans le limousin pour l’anniversaire de mariage de sa sœur, la larme monte aussitôt à l’œil.

Dans la précipitation, je n’avais pas pris de petit-déjeuner, j’ai faim. Je déjeune, j’essaie de me reposer, mais les contractions commencent à se rapprocher. J’essai de soulager du mieux que je peux, je ne me souviens même plus des postures ! Je respire. Ce qui me fait peur c’est le déclenchement, il y aurait une injection d’ocytocine pour les contractions qui seraient alors très douloureuse et donc risque de pose de péridurale. C’est ce qui m’angoisse le plus la péridurale.

Je me souviens des cours de prépa ou la sage-femme nous expliquait que suivant l’évolution, ca ne se passait pas le jour J comme on l’aurait souhaité…je le confirme. Je stress, je ne trouve plus de postures de soulagement. J’ai envie de dormir, mais allongé, c’est pire que tout. La journée suit son cours ou j’essaie de maitriser tant bien que mal les douleurs mais j’ai de plus en plus de mal. Je me sert du ballon, mais impossible de trouver une position dans laquelle je sois bien.

Marysia me rappelle, son mari l’a prévenu, elle a hâte aussi, aimerait être là, et moi j’aimerais qu’elle soit avec moi. J’ai oublié de prévenir mon frère et ma soeur, mais je n’ai pas le courage, j’ai autre choses à penser.

A 16h on me place le monitoring pour contrôler les contractions et le rythme du cardiaque du bébé. A 17h30, on me fait un toucher vaginal, le col est ouvert de 2 doigts. Ca avance petit à petit, mais ça commence vraiment à faire mal ! Je vais faire un tour à pied autour de l’hôpital. A 18h on m’emmène le diner qu’il m’est impossible de manger, j’ai presque envie de vomir. Je récupère les desserts que je mets dans le frigo pour après l’accouchement si j’ai un creux ! Comme plat chaud, j’ai des lasagnes qu’il m’est impossible de manger, et pourtant j’adore ça ! Fabrice arrive, enfin, moi je n’en peux plus, je n’arrive même pas à réfléchir pour m’évader un peu dans mon esprit, j’ai trop mal. La seule position dans laquelle je sois à peu prés bien, c‘est assise par terre accroché au rebord de la fenêtre. Fabrice ne dit rien, me laisse subir dans mon coin, en me parlant de son séjour. On me prévient que l’anesthésiste est là, et ca se présente exactement comme Marysia me l’avait dit « C’est maintenant ou jamais, il est tout seul pour l’hôpital, c’est dimanche ! » Il vient me voir lui-même alors que j’étais accrochée au rebord de la fenêtre ! Il a du me prendre pour une folle ! J’hésite, je ne sais pas, je suis perdue, j’en peux plus, qu’est-ce que je dois faire ? Je demande a Fabrice, il ne sait pas non plus ! Ben oui, ce n’est pas lui qui a mal… question idiote ! Ce n’est pas bien de le faire, mais je me fatigue, je ne tiens plus la douleur, je finis par accepter après en avoir discuté avec la sage femme. Je lui ai expliqué mon antécédent et mauvais souvenir de la péridurale de l’année passée. Je pars en salle de naissance vers 21h J’ai du mal à y accéder tellement j’ai mal, mais la sage-femme me laisse y aller toute seule. Arrivée sur place, on me place la péridurale et ça commence à aller mieux. On me place une perfusion d’eau iodée, le monitoring, on m’allonge et les douleurs des contractions commencent à se calmer. Juste une douleur dans le bas de la colonne vertébrale.

Juste après toute cette installation, nouveau touché vaginal : col ouvert à 5cm, ça a bien avancé. J’ai tout de même bien travaillé le reste de la soirée dans la chambre avec le ballon. Les contractions commencent à se rapprocher je sens aussi comme des envies de pousser. Comme pour aller aux toilettes, c’est bizarre, je n’en avais pas entendu parler ! J’ai aussi envie de dormir, mais n’arrive même pas à m’assoupir. Je lis un peu, mais j’ai du mal à me concentrer, la chaine stéréo est allumée, je leur demande radio classique, mais la chaine ne capte presque rien ! Vers 22h30, je suis à dilatation complète, ça a été vite et avec un peu de chance, elle sera là avant 00h00.  Fabrice me rejoint en salle de naissance. On parle tous les 2 de tout et de rien, mais on est ensemble c’est le principal. J’ai pu parler avec la sage-femme, on a parlé de mon projet de naissance. 12h00 arrive, toujours rien, mais une autre petite fille vient de naitre dans la salle de d’à coté. La sage femme étant donc prise, elle m’a laissé toute seule avec la descente de ma puce dans le bassin. Ca y est, c’est à notre tour. Je commence les poussées, elle descend mais pas assez vite. Son cœur bat bien, elle n’as pas l’air trop perturbé. A chaque contraction je pousse, Fabrice m’aide en me relevant la tête. Elle descend petit à petit mais pas assez vite pour la sage femme qui commence à me faire peur en me parlant d’appeler le médecin. Poussées suivantes, j’essai de mettre les bouchées doubles en me disant dans ma tête « allez ma puce, on va y arriver toutes les 2 ensemble » Ca y est la tête s’engage enfin, ça me fait mal. Je pousse, je pousse tant bien que mal et ca y est à 1h20 Julie quitte mon corps et son univers aquatique dans lequel elle a baigné pendant 8 mois et 11 jours ; on me la pose sur le ventre juste une minute le temps de couper le cordon et elle file dans la salle d’a coté. Elle respire mais pas comme ils veulent, et elle est un peu bleue, la sage femme doit la mettre sous oxygène pour qu’elle reprenne son souffle. Elle met du temps à pleurer, et ça y est je l’entends qui nous pousse un petit cri timide. Fabrice regarde de loin inquiet, et me surveille aussi pour voir si il n’y a pas de risque d’hémorragies, il avait peur de cela. Et moi j’attends en reprenant mon souffle tranquillement et mes esprits. S’ensuit la délivrance du placenta, la sage femme me le montre et m’explique ainsi qu’a Fabrice. Ca y est on me la ramène pour un contact peau à peau, enfin ! Elle cherche déjà mon sein, on me la place, elle tète, tout va bien. Pendant ce temps là on me fait quelques points, il y a eu des petites déchirures dans le vagin et au niveau des lèvres. On nous laisse un moment seuls, la petite puce nous regarde avec des grands yeux. On commence à prendre des photos, c’est déjà une star ! Il fait frais, on décide de l’habiller, puis Fabrice la prend sur lui, et elle s’endort. Elle est déjà bien dans les bras de Papa ! La sage femme vérifie les saignements, me nettoie, me mets une protection, enlève les tuyaux et on repart enfin dans la chambre : 2ème délivrance ! Une salle de naissance est plutôt glauque ! Les machines, les tuyaux… et puis je suis tellement pressée de la toucher, la sentir, la regarder, la prendre contre moi… Il est environ 3h30 du matin. On s’installe. Fabrice dans le fauteuil, moi au lit, enfin je vais dormir et la petite à coté de moi. Elle chouine un peu, Fabrice la prend sur lui et elle s’endort. Nous avons chaud et n’arrivons pas à dormir. Vers 6h Fabrice repart à la maison, on fait ouvrir un peu la fenêtre et Julie et moi dormons tranquillement jusqu'à 9h.

Et voici Julie,Léa, née le Lundi 6 juillet 2009 à 1h20. 2,725kg, 47cm.

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Publié dans Accouchement

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