Le projet de naissance

Publié le par Maternature.over-blog.com

Dernière réflexion avant l’arrivée de bébé à préparer à 2 avec le papa : un projet de naissance.

On y expose ses souhaits pour son accouchement, ce que l’on désire pour la venue de son enfant au monde, un accouchement respecté et un minimum de gestes médicaux pratiqués, tout en sachant qu’en cas de soucis, on oublie le projet de naissance et seul le personnel médical décide de ce qui doit être fait pour préserver la vie et la santé de la maman et du bébé.

 

Donner la vie, c’est tellement exceptionnel que ce n’est pas agréable de passer comme un numéro dans le service maternité ou on accouche les unes à la suite des autres ! Et puis une salle d’accouchement ce n’est pas très joyeux, donc autant faire arriver ce bébé dans un environnement calme qu’on aura défini au préalable.

De plus, il y a de nombreux gestes pratiqués lors d’un accouchement, mais… sont-ils tous nécessaires ?

Dans certaines maternités françaises et selon le personnel présent, le projet de naissance peut être accepté ou mal vu.

Il a été imposé il y a quelques années, une « charte du patient » affiché dans tous les hôpitaux indiquant les droits et devoirs du patient.

http://www.sante-sports.gouv.fr/IMG/pdf/charte_a4_couleur.pdf

Dans cette charte, il y a une ligne intéressante qui peut être à mentionner sur le projet de naissance :

« Article 4 : un acte médical ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclair du patient. »

Le respect du patient et de ses demandes est tout de même primordial.

Il faut formuler son projet de naissance de façon à ce que le personnel ne se sente pas « agressé » par vos exigences. « je souhaite » au lieu de « j’exige », ils répondront plus facilement aux souhaits qu’aux exigences. Surtout ne pas oublier de mentionné que vous avez bien conscience qu’en cas d’urgence, c’est le personnel médical qui décide, mais que vous souhaitez être informé des gestes qu’ils vont pratiqués.

Penser ensuite à discuter de son projet de naissance avec le gynécologue au dernier rendez-vous, selon ce qu’il en pensera, il pourra l’inclure au dossier médical, mais il faut penser en avoir une copie avec soi le jour de l’accouchement.

Le jour J, on a la tète ailleurs, on est concentré sur nos contractions, on peut être amené à envoyer balader son compagnon, donc discuter de ses envies pour la naissance de son enfant avec la sage-femme ,’est pas toujours possible, d’où l’utilité de ce projet, mais si on arrive à discuter avec la sage-femme, il faut arriver à instaurer un climat de confiance pour permettre cette naissance la plus naturelle possible.

 

Mon projet 

J’ai eu la chance d’avoir une sage-femme assez compréhensive avec qui j’ai pu discuter et qui a bien pris en compte certaines de mes demandes. J’ai eu aussi la chance d’être en salle d’accouchement un dimanche soir où c’était très calme et nous n’étions que 2 à accoucher, donc le personnel était très disponible.

J’avais commencé mon projet en expliquant pourquoi nous avions fait ce projet.

J’avais indiqué que je souhaitais éviter la péridurale, le moins de gestes médicaux possible, pas d’injection d’ocytocines, une ambiance calme et une lumière douce, le moins de passages possibles, limiter les touchers vaginaux, pas d’épisiotomie, pas de pressions sur le ventre pour aider à l’expulsion, me mettre dans la position voulue pour accoucher, puis après la naissance, mettre mon bébé aussitôt contre moi en peau à peau avec une mise au sein immédiate, attendre avant de couper le cordon, pas de bains pour le bébé, juste l’essuyer et surtout la présence du père obligatoire tout le temps. Au final, j’ai tout de même demander la péridurale, j’ai accoucher sur le dos, mais j’ai pu finir mon travail sur le coté, je n’ai pas eu d’épisiotomie, mais je n’ai pas pu avoir ma princesse tout de suite pour la mise au sein immédiate et le peau à peau : elle a du partir en soins sous oxygène. Je garde tout de même un très bon souvenir de mon accouchement.

 

Je finirai cet article avec un texte de Sophie Gamelin Lavois, extrait du livre « Préparer son accouchement, faire son projet de naissance »

 

L'élevage industriel des parturientes aujourd'hui : souffrance cachée.

 Le plus souvent, la femme moderne part à l'hôpital dès les premières contractions. A son arrivée, elle est rapidement prise en charge. Allongée sur une table d'examen high-tech, une sage-femme qu'elle n'a jamais vue lui introduira deux doigts dans le sexe : c'est ce qu'on appelle un toucher vaginal. Toujours allongée et sanglée d'un monitoring, la femme sera arrimée à la table d'examen pour une heure. Puis, elle se verra proposer un Microlax pour nettoyer son rectum. Il va de soi que la naissance devra être propre et contrôlée. Une perfusion de glucose lui permettra de tenir longtemps sans nourriture et le Syntocinon permettra à l'équipe médicale de gérer les naissances à la chaîne. Pour son bien, la femme ne sera pas avertie que la douleur induite par l'hormone de synthèse pourra devenir insupportable à tel point qu'elle envisagera une péridurale. Cette information n'est pas

nécessaire puisque toutes les femmes la veulent ! Puis, la poche des eaux sera rompue, cela fera "s'ouvrir le col plus vite", et, de toute façon, la femme étant sous anesthésie elle ne sentira rien. Le bébé se remettra vite de son accélération cardiaque, sans compter que l'équipe médicale a tout

prévu pour faire sortir le bébé rapidement du ventre de sa mère : une sonde urinaire pour vider la vessie, le rasage de la vulve pour faire l'épisiotomie, les forceps prêts sur le plateau... A dix centimètres, la femme se verra ordonner de pousser, pousser, pousser, comme si elle voulait

se vider de ses entrailles en même temps que de son enfant... Mais, pas de soucis, une rééducation périnéale est prévue dans le post-partum ! Heureuse d'avoir son enfant dans les bras, elle ne portera jamais plainte pour mauvais traitement ou manque d'information, ayant trop de culpabilité en elle ou trop peur d'avoir besoin d'une assistance médicale pour un futur accouchement. C'est "ça" qu'on appelle la naissance aujourd'hui !

Publié dans Accouchement

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